
Une approche trauma-informée
Le trauma n'est pas une fragilité : c'est une réponse de survie du système nerveux face à ce qui a été trop intense, trop rapide ou trop long.
« Le trauma remplace des schémas de connexion par des schémas de protection ».
Stephen Porges
Ce travail s'adresse à des vécus variés : violences physiques ou sexuelles, négligence émotionnelle ou matérielle, traumatismes relationnels précoces, accidents, deuils brutaux, violences institutionnelles ou systémiques. Qu'il s'agisse d'un événement unique ou d'une accumulation sur la durée, chaque expérience est prise en compte dans sa singularité.
Le travail thérapeutique consiste à restaurer la sécurité, non par la seule compréhension intellectuelle, mais par des expériences nouvelles et apaisantes qui aident le corps et le cerveau à se réorganiser peu à peu — y compris lorsque des mécanismes dissociatifs sont présents.
Trois étapes traversent souvent ce parcours :
-
retrouver sécurité et enracinement ;
-
explorer, avec délicatesse et consentement ;
-
intégrer les expériences, pour retrouver lien, souplesse et vitalité.
Ce chemin demande du temps et de la douceur. Il s'appuie sur une compréhension fine du système nerveux, de ses réponses de stress et de ses besoins de régulation.
Une approche
féministe
Une perspective féministe, décoloniale et systémique du soin part de l’idée que la souffrance individuelle ne peut être comprise isolément, sans tenir compte des systèmes sociaux, économiques et culturels dans lesquels nous vivons.
Aller mal n’est pas une faute individuelle : c’est souvent une réponse saine à un monde qui épuise, isole et invisibilise.
Nous grandissons dans des sociétés traversées par des rapports de pouvoir, capitalistes, patriarcaux, racistes, validistes, hétéronormés, qui influencent nos corps, nos émotions et nos relations. Ces structures façonnent la manière dont on s’autorise (ou non) à prendre soin de soi, à exister, à demander de l’aide, à poser des limites. Face à cela, la thérapie devient un acte de résistance : un espace où l’on peut désapprendre la culpabilité, la honte et la logique de performance.
Décoloniser la thérapie, c’est reconnaître que le savoir et le pouvoir thérapeutiques ont longtemps été exercés depuis des positions dominantes et normatives.
C’est remettre la personne au centre, dans toute sa complexité, en reconnaissant ses savoirs, ses ressources et son expérience vécue comme des formes de connaissance légitimes.
C’est aussi repenser la relation thérapeutique sur un mode d’alliance , plutôt que d’expertise verticale, et de consentement mutuel, où chaque rencontre s’ajuste à la réalité sociale et matérielle de la personne.
La guérison des traumas ne peut pas être uniquement individuelle.
Comme le souligne Staci Haines, elle s’inscrit dans un contexte plus large : celui des systèmes dans lesquels nous vivons.
Se réparer intérieurement tout en retournant dans un environnement qui perpétue les mêmes violences, oppressions ou insécurités peut mener à une forme de re-traumatisation.
C’est pourquoi une approche uniquement centrée sur l’individu atteint rapidement ses limites.
La guérison se déploie en réalité sur plusieurs niveaux interdépendants :
-
Individuel : retrouver sécurité, régulation, pouvoir d’agir
-
Relationnel et familial : transformer les dynamiques et les attachements
-
Communautaire : recréer des espaces de soutien, de solidarité et de reconnaissance
-
Sociétal et politique : questionner et transformer les structures qui produisent la violence
Dans cette perspective, guérir devient un acte profondément politique.
Il ne s’agit pas seulement d’aller mieux « seul·e », mais de participer à créer un monde dans lequel il est possible d’aller mieux durablement.
Cela invite aussi à une pratique vivante et incarnée :
-
Comment je prends soin de moi ?
-
Comment je contribue à des relations plus justes ?
-
Comment je m’inscris dans des espaces collectifs alignés avec mes valeurs ?
-
À quoi je donne du temps, de l’énergie, de l’attention ?
Guérison individuelle et transformation sociale ne sont pas séparées :
elles se nourrissent mutuellement.
Cultiver la conscience, la bonté, l’interdépendance et la responsabilité devient alors une boussole — pour soi, et pour le monde.
Un espace inclusif
Spécifique pour les personnes neurodivergentes
Spécifique pour la communauté LGBTQIA+
J’accompagne des personnes concernées par les neurodivergences (TDAH, TSA et autres profils neuro-atypiques) dans une approche respectueuse, non pathologisante et attentive aux spécificités de chacun·e.. Je suis moi-même concernée par le TDAH et je suis parent d’enfants neurodivergents (TSA et TDAH).
Cette expérience, associée à des formations et à un travail continu d’information, nourrit une compréhension concrète des réalités neurodivergentes, tant sur le plan émotionnel que relationnel et pratique.
Mon accompagnement s’appuie avant tout sur le vécu des personnes, leurs besoins et les difficultés qu’elles rencontrent au quotidien, qu’un diagnostic ait été posé ou non. En séance, je tiens compte des besoins spécifiques liés à l’attention, au rythme, à la régulation émotionnelle, à la sensorialité ou encore aux modalités de communication.
Le cadre thérapeutique peut être ajusté et intégrer, lorsque c’est utile, des outils concrets : soutien à l’organisation, au rapport au temps, à la planification, à la gestion de l’énergie ou à la surcharge cognitive, toujours en lien avec les objectifs de la personne. Les particularités neurodivergentes ne sont pas envisagées comme des défauts à corriger, mais comme des fonctionnements singuliers qui méritent d’être compris et soutenus.
J’accueille les personnes LGBTQIA+ et queer dans un cadre sécurisant et sans jugement, où les questions d’identité, d’orientation, de genre ou de parcours de vie peuvent être abordées librement. Je me situe moi-même comme personne queer et je suis parent d’enfants queer.
J’ai été également engagée bénévolement dans le milieu associatif LGBTQIA+, notamment au sein d’une Maison Arc-en-Ciel. Cet engage.ment, ainsi que des formations et une expérience de terrain, dont l’accompagnement d’un enfant dans son parcours de transition, nourrissent une compréhension à la fois personnelle et informée des réalités LGBTQIA+.
Dans cet espace thérapeutique, les personnes que j’accompagne n’ont pas à expliquer ou à justifier qui elles sont. Leur vécu est accueilli avec respect et reconnaissance. Les difficultés rencontrées ne sont jamais envisagées comme liées à l’identité elle-même, mais comme pouvant émerger de contextes parfois invalidants, violents ou insécurisants.
Je ne pose pas de diagnostic et je reste attentive à mes limites professionnelles. Lorsque certaines demandes dépassent mon champ de compétences, je peux orienter vers d’autres professionnel·les et travailler en complémentarité lorsque cela est pertinent.


_JPG.jpg)



